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 convictions partages

 

Fin octobre, le Personnel a été destinataire d’un message de notre Directeur Général sur sa boîte lotus.
Ce mail fait le lien vers une rubrique intranet intitulée « NOS CONVICTIONS PARTAGEES ».

De grandes ambitions y sont déclinées autour d’une idée forte :
La Direction et le Personnel partageraient une même vision, les mêmes valeurs pour « faire avancer BNP PARIBAS ». Une idée résumée en un slogan :

  • « NOS CONVICTIONS PARTAGEES ».

Une question se pose d’emblée. Les salariés doivent-ils absolument partager les convictions de la Direction ?

  • N’ont-ils pas le droit à leurs propres convictions ?
  • La Liberté de pensée et le libre arbitre ne sont-ils pas attachés à la condition humaine ?
  • Ne sommes-nous pas dans un pays démocratique ?

La mission d’entreprise devient un objectif commun

Direction et Salariés sont censés tendre vers un même objectif. il s’agit de laisser penser que la direction et les salariés sont à égalité. C’est omettre que les salariés ont un lien de subordination à leur employeur et qu’ils n’ont d’autre choix que de se conformer à ses instructions.

Pour autant, s’il ne parvient pas à remplir sa mission, seule la responsabilité du salarié est engagée. Le risque d’entreprise porte donc essentiellement sur le salarié, alors qu’il est normalement dévolu à l’employeur.

Le développement de l’entreprise n’est plus assuré

Nous comprenons bien que BNPP doit évoluer, qu’elle doit anticiper l’avenir. Mais la Direction ne parle pas de développement de l’activité, qui est à nos yeux le principal facteur de croissance et de pérennisation de l’Emploi. Elle n’évoque pas plus une politique de produits ou de tarifs attractifs.

Son but n’est autre que « d’être la banque leader en Europe avec une présence mondiale, le partenaire privilégié de nos clients sur le long terme et un acteur qui contribue à une croissance responsable et durable. »

Les moyens pour y parvenir ne sont pas sans risque

Cette belle ambition repose essentiellement sur 2 piliers :

  • Accentuer la pression sur l’engagement du Personnel
    « En respectant les standards les plus élevés en matière de conformité et d’éthique ». ou encore « capitaliser collectivement sur nos expertises et atteindre l’excellence dans nos métiers ».

Accentuer la pression, y compris individuelle, pour que l'entreprise devienne le numéro un, à tout prix, peut mener à des dérives irréparables. Les récentes déconvenues de Volkswagen en sont une magistrale illustration.

Il est clair que l’amende américaine n’est pas étrangère à l’exigence de conformité et d’éthique. Toutefois, la grande majorité des salariés n’est aucunement responsable « des incidents » qui ont conduit à celle-ci. Il serait bon que cette culture soit cette fois bien partagée par tous, Direction comprise.

  • Réaliser de nouveaux gains de productivité
    « Encourager le digital et l’innovation utile » ou « simplifier notre manière de travailler pour gagner en agilité ».

Tant pis, si :

  • L’extension du digital entraîne une fermeture de nombreuses agences et coûte leur poste aux salariés de ces mêmes agences.
  • Les salariés de Banque en Ligne ont des conditions de travail improbables.
  • Certaines de ces fermetures vont impacter des bassins d’emplois déjà en difficulté.

Il n’est pas certain non plus que les clients s’y retrouvent.
Quant à la notion d’agilité, elle appelle les salariés à se remettre en question et à rechercher constamment des moyens d’évoluer.

La vision donnée de L’entreprise Laisse pantois

  • « Les salariés bénéficient d’un environnement de travail motivant, et inspirant »

Le constat est plutôt une augmentation du stress ainsi qu’une dégradation des conditions de travail dans tous les secteurs de l’entreprise.
Celle-ci est alimentée par des restructurations incessantes, un sous-effectif chronique, et la charge de travail qui va avec, par des tâches de plus en plus répétitives et de moins en moins intéressantes.
La mobilité qui en découle a également des conséquences sur les temps de transport.

Quant à l’aspect inspirant, nous comprenons qu’il permet au salarié de laisser libre court à son imagination, à sa créativité dans son environnement de travail. Curieux, quand on subit au quotidien, les rigidités de l’organisation du travail.

  • « Nous nous appuyons sur le savoir-faire reconnu de nos équipes ».

Nous ne pouvons que constater que cette reconnaissance n’est pas financière. D’ailleurs, silence radio sur un salaire motivant et inspirant ! Il est vrai que les remerciements aux salariés, en début d’année et lors de la publication des résultats ne coûtent pas chers.

  • « Nous valorisons l’ouverture d’esprit. Nous mettons tout en oeuvre pour que nos collaborateurs se sentent écoutés, intégrés, qu’ils puissent s’exprimer et avoir les moyens d’agir ».

L’exemple de la Directrice régionale de BNP PF, actuellement commenté dans la presse*, est de ce point de vue illustratif du contraire.
* Voir : http://goo.gl/eMxJgP

Conclusion

Cette stratégie d’entreprise n’est pas sans danger pour les salariés. Elle peut mener à toutes les dérives car elle implique une mobilisation totale pour l’entreprise.
Elle vise à développer la performance dans l’entreprise par une relation plus étroite à celle-ci et à ses valeurs, tout en créant un lien social qui met les salariés en concurrence.

L’engagement des salariés et leur acceptation sans faille des décisions de l’entreprise deviennent indispensables.
Cette vision d’entreprise relève d’un concept sectaire.

Les stratégies des directions qui visent essentiellement la réduction des coûts, en particulier le «coût» du travail, vont à contresens au moment où le développement du numérique requiert une élévation générale des qualifications, sauf à s’appuyer sur du dumping social !

Notre conviction est que la poussée du numérique est génératrice de gains de productivité et vecteur de forte croissance. Ce devrait être l’occasion de redonner du temps pour un développement réel de l’autonomie, et permettre de repenser l’organisation du travail pour qu’Entreprise et Salariés y trouvent leur compte.

La Cgt ne demande pas mieux que de partager des convictions, dès lors qu’elles prennent réellement en compte l’intérêt des salariés.

Pour mener à bien, vision et mission, la Direction indique « qu’elle est prête à prendre des décisions et à faire des choix courageux ».

Nous craignons que le Personnel en fasse les frais.

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