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Déclaration préalable de la CGT

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Bonjour à toutes et à tous,

Cette plénière de novembre est, souvent, l’occasion pour la Direction Générale de faire le show quant aux résultats du 3ème trimestre.

Aussi, nous aurions pu vous faire remarquer que les résultats, même s’ils sont corrects, n’ont pas été salués par les analystes, pas plus que par la presse, d’autant plus que la stabilité du résultat net, affichée, tient, en partie, à la vente de certaines de nos pépites : First Hawaïan Bank pour ce trimestre et, est annoncée une possible cession partielle de SBI LIFE INSURANCE dans les prochains mois, et ce, probablement à la seule fin de gratifier nos aimables apporteurs de capitaux d’une auguste rétribution.
Au final, un peu comme semble le faire le club des « YOHANN DINIZ » de pacotille, ces « Forrest gump de la marche libérale » chaussés chez JUPITER, se défaire de partenaires fiables et sains pour un résultat immédiat en se privant de recettes futures et récurrentes.

Nous aurions aussi pu constater que le PNB stagne depuis des années, à périmètres et changes constants, alors même que les coûts sont en constante augmentation, et nous occultons, dans les coûts, la notion de coûts salariaux, ou tout au moins les coûts salariaux retraités des Directions Générales ou autres états-majors, ne permettant au résultat de se maintenir que grâce aux performances inouïes de la gestion du risque ; mais jusqu’à quand ? ……

A quoi donc servent vos plans « Simple et Efficient » ou consorts qui devaient garantir des diminutions de coût récurrentes ; les boîtes de SIEF(1) n’auraient donc plus ce pouvoir récurrent ?
Vous conviendrez que le plan d’investissement évoqué dans le cadre du plan 2020 puisse, de ce fait, nous questionner quant à ses résultats !

Devrions-nous aussi nous inquiéter des coefficients d’exploitation, toujours à la traîne, et qui, finalement, nous interrogent quant à la véracité des chiffres obtenus, notamment lorsqu’il s’agit des réseaux qui doivent, à eux seuls sans doute, supporter les coûts exorbitants des fonctions, des directions et vraisemblablement de projets digitaux.

Puisqu’on évoque les projets digitaux, on aurait aussi pu en parler et vous entendre magnifier HELLO BANK ou NICKEL ; nous vous aurions sans doute renvoyé aux analyses et synthèses de l’ACPR, relatives aux banques en ligne et aux néo banques, qui soulignent les lourdes incertitudes qui pèsent sur leurs perspectives de développement, sur les ambitions trop élevées des plans stratégiques mais surtout sur vos projections hasardeuses de rentabilité.

Nous aurions aussi pu nous esclaffer devant les résultats des stress-tests mais là aussi, les contraintes et exigences de la BCE et des superviseurs, qui voudraient que vous renforciez à nouveau nos bilans, nos ratios de fonds propres CET1 et prochainement nos besoins additionnels en capitaux, laissent des auréoles sous les bras de nos gourmands actionnaires par le même effet du stress lié à la peur de voir s’émietter leurs rentes.

Vous auriez peut-être aussi souhaité évoquer, ou plus prosaïquement justifier, les tristes résultats de CIB, en retrait par rapport à tous nos concurrents, et même la très fameuse DEUTSCHE BANK, sans nous rappeler l’effet pervers des restructurations incessantes, vos quadriennales olympiades de plans sociaux.

Vous nous prouviez, une fois de plus, que vos réductions de coûts, plutôt que de valider une dynamique opérationnelle et rentable, étaient un frein au développement et à l’activité, et ce ne sont pas les résultats de nos marchés domestiques qui viendront nous l’infirmer.

Nous aurions pu sans doute parler des engagements en Italie, du BREXIT dont le volet HARD ne satisfait pas toutes les libidos parmi les banquiers européens, encore que le nauséabond sacrifice orchestré du code du travail place PARIS comme le principal bénéficiaire, ou du résultat des élections qui, partout, conforte le populisme dans le monde et qui invalide les perspectives d’avenir et vos folles projections de rentabilité.

Nous aurions pu nous satisfaire des engagements évoqués par Antoine SIRE, dans la démarche RSE, mais le parcours de BNP PARIBAS dans ce domaine ressemble plus à la recette pâtissière du FINANCIER aux AMENDES, sans vouloir évoquer les multiples affaires dont BNP PARIBAS a fait les premières pages : ARGENTINE, manipulation des changes ou du LIBOR, ACPR et peut-être, à venir les CUMEX ou des rebondissements d’avec UBS.
Et comment justifier d’une démarche RSE alors que notre banque remplit de moins en moins son rôle économique et social, ne forme pas suffisamment ses salariés ou ne développe pas suffisamment leur employabilité, ou à son seul profit, et utilise à l’abus l’emploi précaire.

A cet égard, nous aurions sans doute aimé être rassurés quant à la gestion iranienne des embargos, d’autant plus que la TURQUIE, dont notre présence ne fait pas débat, semble vouloir faire fi des injonctions américaines ; cela vous semble peut-être évident, ce devait l’être aussi avant 2013, et pour la modique somme de 7 milliards d’euros !

Aujourd’hui, l’envie nous manque et la lecture des procès-verbaux des plénières nous enseigne du sens que vous souhaitez donner au terme de dialogue social, ou plutôt devrions nous dire, qu’ hormis certaines paroles, vous avez mis un terme au dialogue social !

La réalité, la vraie vie, vous ne la connaissez pas ; nos collègues, que nous avons l’honneur de visiter régulièrement et avec qui nous partageons une partie de leur quotidien, sont à bout :

  • manque de reconnaissance salariale,
  • conditions de travail dégradées,
  • manque d’effectifs alors que vous péroriez devant vos partenaires de BFM BUSINESS qu’il manquait de conseillers ; mais sans doute ces conseillers-là étaient plate-formisés, digitalisés ou simplement robotisés afin de servir le conseil à 1000 euros,
  • tâches supplémentaires,
  • désintérêt de certains métiers,
  • tromperie sur les IC, et nous ne faisons pas de liste à la PREVERT car nous y passerions la journée !

Vous aviez, une fois l’an, l’occasion de montrer votre attachement aux salariés de la Sa, mais l’itinérance mémorielle de Nao(2) constructive nous ramène à des lustres ; Saint Saëns, pas Camille, l’inénarrable compositeur de « danse macabre », un principe bien établi chez BNP PARIBAS.
CINQ CENTS, pas comme le conseil, dont la funeste échéance, sa dissolution, fit suite à un coup d’état;

Non, 500, la moitié de 1000, c’est-à dire l’équivalent de moins d’une heure de travail d’un banquier millionnaire, c’est cela l’infamante gratification que vous tolériez allouer à vos salariés, une enveloppe de 20 millions d’euros, même pas l’équivalent d’une ardoise de BDDF !

Un constat sans équivoque : les salariés de BNP PARIBAS auront été plus augmentés par Pôle EMPLOI , à cause de la disparition de 0,95% de taxes cette année, que lors des 5 dernières années par la grâce de l’employeur.
Sans doute un échange de bons procédés en remerciements à un complaisant pourvoyeur de salariés ou utilisateur de travailleurs précaires !

  • Par respect pour toutes les IRP qui ont décidé de boycotter les simulacres de réunions,
  • Par respect pour tous les salariés qui, ce matin, comme souvent, souffrent, pour tous les salariés de BDDF OPERATIONS qui explosent sous la charge de travail malgré leurs misérables augmentations,
  • Par respect pour tous les salariés absents pour cause d’épuisement professionnel ou autres, mais
  • Par irrespect du management de certains,
  • Par irrespect devant le mépris affiché lors des NAO ou lors des difficiles tractations afin de définir le nouvel organe de fonctionnement des instances représentatives du personnel,

Nous profiterons des déclarations des organisations syndicales, puis la CGT quittera cette séance !


(1) SIEF : Simple et Efficient
(2) NAO : Négociation Annuelle Obligatoire

NB : Cette déclaration était destinée à Thierry LABORDE qui a boycotté la séance plénière du CCE, vraisemblablement informé (par qui ?) que l’unanimité des Représentants du Personnel quitteraient la séance à l’issue des déclarations préalables.
Au final, c’est notre DRH, Yves MARTRENCHAR qui a dû subir notre déclaration.