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emplois

DECLARATION PREALABLE DE LA CGT

Nous ne sommes pas sûrs, aujourd’hui, d’entendre parler du bonheur évoqué par la Directrice de BDDF qui, selon elle, animerait les salariés de BNP Paribas. La commission RH, pour laquelle RH veut sans doute dire Rien d’Humain, devrait être un temps fort qui exalte le travail accompli par les hommes et les femmes de notre entreprise, toutes celles et ceux qui s‘engagent au quotidien pour la réussite de BNP Paribas et pour qui, lors des différentes plénières ou commissions, peu de lignes alimente la rédaction des procès-verbaux.

L’année dernière, nous nous gaussions des déclarations de chacun, en nous amusant des redondances annuelles ; pas de grandes innovations sur le contenu pour 2018 ! Encore une fois, le copier-coller semble de mise !

Pour ce qui est des réponses à nos quelques questions, encore une fois, l’excellence semble avoir été oubliée.

A part la méthode COUE, qu’on risque de nous imposer à nouveau en cette fin mars, nous risquons de sortir de ce grand raout des RH, pour sûr épuisés et sans doute jamais rassurés.

En effet, à l’instar de Thomas THEVENOUD, génial inventeur de la phobie administrative, BNP Paribas SA semble se faire sienne la phobie de l’emploi durable !

On peut intégrer l’idée que l’objet social de l’entreprise est sous la domination financière et que l’évolution technologique puisse créer des tensions sur les effectifs, mais cette année encore, et plus encore, nous atteignons des sommets en ce qui concerne la précarisation de l’emploi.

Les chiffres étourdissants seront sans doute commentés en séance mais le transfert de CDI en CDD, contrat d’intérimaires, boomers ou autres assistants extérieurs est inacceptable surtout lorsqu’il s’agit de BDDF OPERATIONS qui peut s’enorgueillir pour une fois d’être champion toutes catégories de l’équivalence temps plein périodique. Et cette année, même pas l’alibi de se cacher derrière une augmentation des effectifs.

Hormis la diminution et la précarisation de l’emploi, nous constatons aussi une profonde modification de la structure de l’emploi elle-même : nous entrons dans la phase active de la bureaucratisation moderne où l’exigence de la calculabilité, de la prévisibilité, de la réglementation, fait émerger de nouveaux métiers fonctionnels : RH, informatique, finance, gestion, contrôles au détriment du développement commercial.

Comment dans ces conditions accroître son activité si ce n’est par votre croyance en la multiplication de solutions digitales, fossoyeuses de l’emploi et de la qualité de services ?

qualite

La stratégie RH 20 20 n’étant qu’aux prémices de ses effets, les prochains rapports risquent d’être chauds, et nous ne suggérons que les rapports de données sociales ! Sans entrer dans un catastrophisme digne de BFM et consort, les chiffres couramment invoqués laissent à penser que plus de 20% des emplois bancaires seront détruits d’ici à 2020 !

Une charge supplémentaire a été sonnée le 20 mars avec la présentation du projet de CENTRE DE SERVICE, détruisant un nombre d’emplois que vous classez « hautement confidentiel » et que nous qualifierons de considérable !

Aujourd’hui, nous allons aussi évoquer, lors de cette commission, le toujours officiel CENTRE DE SEVICES !

Comment peut-on, aujourd’hui encore, ne pas se souvenir de l’invraisemblable cécité de la Directrice de BDDF lorsque fut évoqué le quotidien des salariés de la banque de détail ? Quel type d’aveuglement peut encore régenter les interventions de nos dirigeants ?

Au-delà du feu d’artifice démissionnaire, que tout le monde aura loisir de saisir, le taux d’absentéisme est tel qu’il semble lui aussi régi par la course à l’objectif ; devons-nous être les premiers à casser le plafond de verre de 10% ?

Les dernières études de la DARES, qui ne sont pas connues pour être des plus farfelues, indiquent que les employés, nous précisons bien employés, des banques sont parmi les 15 professions les plus stressées, les plus empêchées. Quant aux cadres, nous précisons bien cadres, pas les cadrillons, ils seraient parmi les plus confortables !!!

Ces chiffres catastrophiques doivent alerter et ne pas se réduire à des réunions ou des commissions de suivis ; nous craignons aussi la vacuité des prochains retours d’analyse de ces indicateurs.

Il est temps d’agir, d’abord parce que l’absentéisme a un coût, pour l’entreprise mais aussi pour la société et surtout parce que l’absentéisme alimente le cycle de travail infernal vécu par les présents, lesquels répondent bien à votre aspiration de faire toujours plus avec moins !

Nous n’aurons cesse que de vous intimer de réaffecter une partie des gains de productivité, dans la qualité de services au travers de l’emploi DURABLE et de l’amélioration des outils et des process à usage des salariés !

Nous sommes maintenant tout ouïs et interviendrons prochainement sur les volets formations et rémunérations, car le moment ne prête pas à rire !