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Résultats 2017 - Déclaration de la Cgt à Jean-Laurent BONNAFÉ

Bonjour,

Les plénières sont souvent l’occasion de remerciements ou de félicitations et cette année n’échappera pas à la règle, d’autant plus facilement que BNPP ne pâtira pas de la vitalité de ses principales concurrentes.

Comment ne pas être esbaudis devant tant de prix, devant ce déluge de satisfecit décerné à notre entreprise. En cette période olympique, comment ne pas être éblouis par toutes les récompenses qui alourdissent nos étagères déjà bien remplies : « meilleure banque privée en Belgique, en Europe, en Asie », « banque de l’année en Belgique », des IFR AWARDS ou des prix EUROMONEYS comme s’il en pleuvait, nous aurions souhaité tous vous les lister, mais y avons renoncé devant les 4 pages dont la lecture eut pu paraître interminable et rébarbative.

Devant tant de victoires, on ne peut que se prosterner et cependant aussi s’attrister du fait que tous ces OSCARS, car avouons-le, toutes ces récompenses se rapprochent plus des festivités cinématographiques, ne donnent pas lieu à un versement de primes ! Mais, finalement, le salarié, lui aussi, devra s’habituer à perdre cette notion de primes de médailles et cela grâce à un court sevrage de 4 années !

Un manque criant toutefois : le peu de distinctions dans le domaine des ressources humaines ; mais doit-on s’en étonner ?

Au-delà des conditions de travail qui deviennent de plus en plus ubuesques, bercées au son des re-re-restructurations et maintenant des délocalisations, entérinées par :

  • des pressions de plus en plus lourdes,
  • des incertitudes de plus en plus éclatantes amenant à des démissions en particulier chez les jeunes,
  • des carences informatiques de plus en plus handicapantes,
  • des formations de plus en plus embrouillées ou elearnées et donc de moins en moins efficaces et adaptées,
  • de la reconnaissance du travail accompli dont on se demande si cette dernière n’est pas facturée,

comment analyser le fait que lors du dernier GPS, presque 15% des seniors managers aient pu déclarer ne pas reconnaitre BNPP comme un bon employeur, allant même jusqu’à considérer qu’ils ne la conseilleraient même pas aux membres de leur famille !

Comment redonner un peu de réconfort aux milliers de salariés qui font le bonheur de la banque car nous sommes aussi là pour se féliciter des résultats : encore une année prolifique, malgré les vents contraires, la concurrence sévère et souvent déloyale, l’opiniâtreté des nouveaux entrants et la fulgurance des nouveaux arrivants asiatiques, la réglementation de plus en plus fastidieuse, autant à vivre qu’à gérer ou à appréhender, surtout lorsqu’il s’agit de réparer les turpitudes du passé sur lesquelles nous préférons ne pas nous étendre pour éviter, là aussi, des longueurs ou des redites qui nous amèneraient à satiété !

Et malgré ces bons résultats, nous ne sommes pas primés pour être les stars du CAC40, ou plutôt devrions-nous dire les stars des 40 COUAC !

Comment considérer en effet l’attitude des marchés qui nous sanctionnent plus que nos concurrents, qui retrouvent toute la volatilité qu’on a connue aux heures sombres des crises, qui sanctionnent les bons chiffres de l’emploi (pas en France, aux USA !!) ?

Pourquoi alors se dépecer de près de 4 milliards d’euros pour alimenter ces voraces ?

Un bénéfice net donc qui se consolide, et à cet égard, nous aimerions avoir des précisions sur l’exceptionnelle contribution en hausse des sociétés mises en équivalence, et augmente pendant que le RBE se dégrade amenant à l’extraordinaire syllogisme qui fait que : plus on gagne chez BNPP, moins on touche chez les salariés !

Ainsi donc, les salariés, une fois de plus, qui participent involontairement, dans une forme d’élan auto-mutilant, à l’investissement pour le tout digital par le biais des charges et donc du RBE, créant ainsi une pression à l’emploi, affectent leurs participations et intéressements et permettent d’assouvir la pléonexie, cette tendance impure à toujours en vouloir plus, des rapaces actionnaires.

Nous connaissions les maniaques tendances, que les algorithmes avaient eues, à chasser les clients et les salariés des agences, que voilà maintenant qu’elles se transforment en transfert des revenus du travail vers ceux du capital!

variation dividendes salaires

Alors oui, les chiffres sont bons et, selon vous, valident un bon démarrage du plan 2020.

Et pourtant, le coefficient d’exploitation, un des axes majeurs de cette stratégie est à la peine. Nous nous interrogions lors de la présentation de ce plan de l’ambition forte liée à ce ratio et notre inquiétude se précise ; quelle pression va à nouveau s’exercer pour réaliser la baisse attendue de 3,8 points alors que nous venons d’enregistrer une hausse sensible de cet indicateur, si ce n’est sans doute par une action sur les charges ?

  • Comment allons-nous réaliser les objectifs de croissance nette du PNB ?
  • Le seul item déjà réalisé, mais quelqu’un ici en doutait-il, est le taux de distribution !

Nous soulignons notre intérêt pour l’engagement et la démarche RSE ; cela étant, à ne plus financer l’industrie du tabac, ne risquons pas de passer rapidement en GOODWILL NICKEL ?

Nous vous avons vu récemment, lors des « climate finance day », aux côtés du Président Directeur Général de la République, notre JUPITER solaire, vous émouvoir devant le discours d’une jeune africaine sur les problèmes de notre planète, la TERRE.

Monsieur le Directeur Général,

  • Que devons-nous faire pour vous émouvoir, nous aussi, salariés de la banque ?
  • Comment pouvons-nous mieux vous faire comprendre l’état de désespoir qui anime les salariés du RÉSEAU, de BDDF OPERATIONS, de CIB, de CARDIF ou PERSONAL FINANCE ?
  • Les politiques démotivantes sont-elles voulues pour accélérer le turn-over ?
  • Quand l’hexagone deviendra-t-il une priorité à vos yeux ?

Merci de votre attention.