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DÉCLARATION DE LA CGT À JEAN-LAURENT BONNAFÉ

nuages

Demain, c’est la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Aujourd’hui, nous aurions aimé évoquer le pacifisme apporté aux « employés de banque » et votre présence en eut été une belle opportunité !! Malheureusement, pour la CGT, le compte n’y est pas.

Bien évidemment, la restitution à venir du GPS pour BNP PARIBAS, que nous aurons le bonheur de redécouvrir après une terrible année de pénitence, engendrée par un appel au boycott d’organisations syndicales sans doute ultra- majoritaires, sera orienté de telle sorte que le verre vous apparaisse entièrement plein, alors que se plaint entièrement le personnel, en particulier le personnel rudoyé de BDDF, la mère nourricière originelle. Nous attendrons aussi benoîtement la restitution qui sera faite quant à l’enquête relative à la qualité de vie au travail par la startup Greenworking et sa « démarche verte ».

Mais actuellement, dans le réseau domestique France, noir, c’est noir, mais y-a-t-il encore un peu d’espoir ? L’amoncellement de sombres nuages continue de peser !

Le personnel du réseau est confronté à un empilement de priorités, qu’il doit gérer dans un rythme d’urgences effréné ; il est confronté, encore et toujours, à un manque criant de fluidité des outils, des procédures, ne permettant pas d’apporter de réponses rapides aux besoins de nos clients. C’est déjà un avis de gros temps.

Les justifications ou solutions, que vous souhaitez apporter, tardent à faire leurs preuves ou ne seraient mises en application que dans les mois à venir, ou, devons-nous déjà envisager un nouveau coup de tonnerre, dans les années à venir ?, et encore, n’ont-elles pas convaincu les représentants du personnel surtout lorsque l’on parle de « pilotage » ou d’investissements informatiques.

Peut-on parler de « précipitations » ?

Le quotidien, pour les salariés, s’est, quant à lui, assombri, et ce n’est sans doute pas la « publicité » qui nous a été gracieusement offerte par le magazine 60 millions de consommateurs ou l’interdiction de délivrer des calendriers dans nos agences qui va restaurer le lien entre nos clients et leur banque ; administré du sacrement de l’extrême ponction, le client s’invite à la notion de «# balance ton banquier » !, et le gros temps se transforme en tempête, alors même que l’observatoire 2016 de l’image des banques nous offrait déjà une prévision d’embellie, voire du grand beau temps.

La qualité de vie au travail, dont vous êtes aussi responsable, se détériore, d’autant plus qu’une grande partie du management intermédiaire, par trop souvent élevée à ce statut grâce, peut-être, à des e-learning, réticente à s’approprier les bonnes méthodes, contrariée par les récurrentes injonctions paradoxales qui voudraient qu’on fasse plus et mieux avec moins, pèse de plus en plus lourdement sur le bien-être de nos collègues. Et ce ne sont pas les constats de nos passages dans les agences, mais aussi dans les GPAC ou dans les Pôles et Fonctions, qui seraient de nature à nous rassurer :
une avalanche ahurissante de démissions, de sanctions et même de licenciements qu’on juge souvent excessifs, alors que la vie des services ou des agences est déjà largement perturbée par les réductions d’effectifs ou les réorganisations permanentes.
Et on n’ose à peine évoquer l’intérêt décroissant apporté aux métiers, les difficultés récurrentes de la mobilité, et l’inefficacité de plus en plus prégnante dans les plans et les objectifs des formations. Il n’est pas certain que la volonté affichée de retenir les bonnes volontés et les talents se complaise dans ce cloaque. C’est un tsunami dans le réseau !

A se demander quelle étrange pratique que de ne pas couper les ponts avec les impedimenta qui ont toujours empêché notre entreprise de mieux avancer ?

Quels sens peut-on encore donner à la belle prose qui encadrait nos « convictions partagées » ? Quel brouillard semble noyer la compréhension de ses leviers :

  • l’agilité n’a-t-elle trait que dans les efforts déployés par les salariés ?
  • la satisfaction client est-elle un concept passé, souligné grassement par les performances de notre Net Promoting Score ?
  • la culture de la conformité n’a-t-elle de sens que lorsqu’il s’agit de plaider nos causes devant les tribunaux ou régulateurs ?
  • et l’ouverture, celle qui consiste à écouter, à intégrer les salariés afin qu’ils puissent s’exprimer, n’est-elle conçue que pour faciliter le turn-over, dit naturel, en les orientant vers d’autres cieux ?

Et pourtant, sous ces sombres nuages, les chiffres commentés de l’année 2016 et des 3 premiers trimestres nous paraissent porteurs d’une amélioration, de probables éclaircies, propres à redonner un sens au dialogue social. C’est un peu le sens qu’a voulu donner la CGT en signant un accord salarial, qui, au demeurant, n’était acceptable que parce qu’il y a eu, cette fois-ci, retour à la négociation débouchant sur une mesure pérenne, réclamée à cors et à cris même si, dans le même temps, était ponctionnée une partie de la prime « pérenne ».

La publication des résultats nous a, en outre, offert la possibilité de constater qu’était attendu un résultat annuel de l’ordre de 8,4 milliards d’euros desquels seraient gracieusement déduits 4,2 milliards de dividendes, soit un déluge de l’ordre de 600 millions d’euros supplémentaires au profit de nos « généreux apporteurs de capitaux ».

Pour autant, l’excellence de ces résultats ne repose pas sur un savant algorithme qui permettrait de faire fondre les charges salariales afin de satisfaire nos « prêteurs de deniers », autrement dit les réguliers plans de recherche d’économies, qui grêlent nos pôles ; ce sont l’investissement permanent de vos équipes et un retournement conjoncturel qui en sont les principales causes.

Nous nous interrogeons toutefois sur les écarts notables de résultats des marchés domestiques comme ceux de Belgique, et de France tout en constatant que l’Italie, fleuron des orientations stratégiques des années 2000, peinait à performer.

De même pour la partie IFS, la Turquie, fleuron annoncé du plan stratégique 2014/2016, présente quelques inquiétudes.

Quant au plan stratégique 20 20, qui fait la part belle au digital, à la robotisation, vous imaginez bien tout l’émoi que cela peut provoquer quand notre imaginaire ne se focalise, et à juste titre, que sur les pluies diluviennes attendues de destructions d’emplois.
La CGT ne conteste pas la nécessaire implication de BNP PARIBAS dans les solutions digitales, mais elle s’inquiète déjà, ne serait-ce que par le erratique développement de HB ! (Hello Bank) en France, de l’avenir de nos investissements en la matière : NICKEL, tout juste appréhendé à un prix toujours indéfini, et qui se retrouve déjà classée parmi les néo banques les plus chères de sa catégorie.

Nous nous inquiétons aussi, concernant l’exécution du plan stratégique, des ambitions importantes en matière de réduction de coefficient d’exploitation.

Est-ce novembre qui nous rend grincheux ? Mais il est clair que le bilan météorologique présenté n’a pas le même ressenti, que l’on soit dans l’hémisphère Nord, celui des salariés où la pression exaspère et l’atmosphère désespère, ou dans l’hémisphère Sud, celui des actionnaires, caractérisé toujours par un plein soleil.

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